Villes et villages du Calvados

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Petiville
Petiville, l'église et la mairie

Commune du Calvados
436 habitants
Canton de Cabourg
Située au nord-est de Caen
sur la Divette

Le village de Petiville fût le théâtre de la célèbre bataille de Varaville (1057) opposant les troupes du Roi de France, Henri Ier (basé sur la colline de Bastembourg) à celles du duc Guillaume (basé à Bavent) qui se solda par une victoire écrasante du duc de Normandie, ce combat marqua un tournant décisif dans la politique extérieure de Guillaume qui se prépara désormais à la conquête de l'Angleterre.

Armoiries de Petiville

Les armoiries de Petiville

Les armoiries "d'argent au Lion de gueule accompagné de trois feuilles de vigne de sinople posées 2 et 1", armoiries de la Famille Tardif de Petiville, sont portées par le village depuis 1999 après accord de Monsieur de Petiville.

Les premières traces écrites prouvant l'existence du village date de 1198, on y trouve la forme la plus ancienne de son nom PARVA VILLA, dans le "Magni-Rotuli 69-2"(Grands Rôles de l'Echiquier de Normandie, feuilles de perchemin collées bout à bout et conservées en rouleau - Lat. rolutus)

Le manoir et son colombier

Le manoir (propriété privée)

Fief dépendant directement de l'autorité royale, le Fief de Petiville était 1/4 de fief de Haubert, il s'étendait aux paroisses de Varaville, Bavent, Sallenelles, Amfréville et Bonneville, il était lié à 1/4 du fief d'Amayé s'étentant aux paroisses de Varaville, Bavent et Bréville. Le Seigneur devait rendre Aveu au Roi. Le fait d'être 1/4 de fief de Haubert signifiait que le Seigneur devait au Roi de France le 1/4 de l'entretien d'un Chevalier.

A l'origine le Seigneur était également Patron de la Paroisse, jusqu'en 1630, année de la vente du Patronage par un Le Sueur des Seigneurs du lieu à un certain Le Valloys.

Dans les droits seigneuriaux sous l'Ancien Régime, il y avait le fameux Droit de Colombier, il en existait environ 42.000 dans le royaume, représentant environ 16.800.000 pigeonneaux soit 4.200.000 livres de viande fraiche. Privilège de la Noblesse, en Normandie il ne peut être construit sur une "roture".

Sa présence signifie que le Seigneur local possède le Droit de Basse et Moyenne Justice, il ne pouvait pas non plus être construit sur un fief inférieur à 100 hectares et il n'y en avait qu'un par fief à cause des dégats sur les récoltes. A l'époque ou l'élevage des bovins n'était pas encore developpé, il amenait la viande et les oeufs à la table seigneuriale, le guano fertilisait les terres. Ce privilège fut abandonné par la Noblesse la nuit du 4 août 1789, puis définitivement abrogé par le décret du 15 et 16 août 1790.

Le colombier de Petiville a conservé intact sa charpente en orme du XVIIe siècle, il a un diamètre intérieur de 6,70m et il possède environ 1400 trous de boulin, il est tout en pierre alors que dans le Pays d'Auge ils sont très souvent en torchis.

Le colombier

Les seigneurs de Petiville

de LAUNAY, Sieurs de Vasteville et Seigneurs de Cricqueville furent seigneurs de Petiville de 1556 à 1621
BARDOUIL, Sieurs de Saint-Lambert et de La Bardouillère, seigneurs de Petiville de 1621 à 1626
Le SUEUR, sieurs de Colleville et de Varaville de 1626 à 1728 derniers seigneurs "et" patrons de Petiville
TARDIF de PETIVILLE , les Famille Le SUEUR et TARDIF étaient déjà alliées, en effet Charles TARDIF Sieur de la Croix, Ingénieur du Roi et Bourgeois de Paris frère de Guillaume avait épousé Noble Demoiselle Le SUEUR de PETIVILLE.
Guillaume TARDIF de PETIVILLE, écuyer, né le 17 octobre 1667 à Caen, fils de Jean, marchand, bourgeois de Caen et de Magdeleine ADELINE. Ancien Sieur de Venoix (il avait dû rendre la sieurie de Venoix après l'annulation de son achat par jugement du Parlement de Rouen du 2 janvier 1725, contre 22.000£ en argent). il fut Gouverneur (1711) Echevin et Consul de la Ville de Caen, Officier de l'Université, Conseiller Secrétaire du Roy Maison et Couronne de France au Parlement de Metz. Acheta 21.000£ le fief de Petiville. En 1737 il acheta les biens de Charles-Louis de Vallois Cte de Mursay à Hérouvillette, Bréville, Bavent, Sannerville, Touffreville et Escoville à l'exception des fiefs d'Hérouvillette et Dodeman moyennant 80.000£. IL épousa le jeudi 5 avril 1696 Paroisse St-Sauveur de Caen Demoiselle Luce FERGANT, née à Bellengreville, puis en secondes noces Jeanne d'AMAYE.
Louis-Hercule-Gabriel TARDIF de PETIVILLE, écuyer (fils du premier lit du précédent) né et baptisé le 6 décembre 1701 à St-Jean de Caen, décédé à Caen le 31 janvier 1774 pourvu de sa charge de Conseiller Secrétaire du Roi Maidon et Couronne de France en la Chancellerie de Normandie. Echevin de la Ville de Caen, Seigneur de Petiville et d'Amayé. Il acheta sa charge au Parlement de Rouen à la Famille BAGUENAULT de PUCHESSE moyennant 51.750 £. Il fut reçu dans sa charge le 4 mai 1745. Il épousa en 1734 Madeleine FILLEUL de MAISY.
Jean-Jacques TARDIF de PETIVILLE, chevalier, fils des précédents, né le vendredi 12 juillet 1737 à Caen, décédé à Caen le 14 janvier 1806. Seigneur de Petiville et d'Amayé, Seigneur Patron et Haut Justicier de Maisy, Seigneur de Courcelles-Les-Aubréville (du chef de sa femme), Chevalier de l'Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis, Officier d'Artillerie, titulaire d'une Compagnie au Régiment du Poitou. Blessé à la bataille de Warbourg le 31 juillet 1760. IL vota aux Etats Généraux avec la Noblesse du baillage de Caen sous le nom de TARDIF d'AMAYE, il épousa Noble Demoiselle Elisabeth Henriette JEHANNOT de BEAUMONT, ils ne furent pas inquiétés par la Révolution, furent les derniers Seigneurs de Petiville, résidaient au Château de Villon-les-Buissons près de Mathieu.

Le cadran solaire, semblable à un livre ouvert sur le fronton du manoir, date de 1738.

Les terres de Petiville restèrent dans la descendance féminine de la famille Tardif de Petiville jusqu'en 1952, année de la mort de la Baronne d'HALLOY. Monsieur Yves de Petiville est un descendant direct de Jean-Jacques de Petiville avec son épouse ils achetèrent le Manoir en 1998.

Cadran solaire du manoir
Le manoir de Petiville © Yves de Petiville Grille du manoir

Quel était le "Privilège" du patronage ? il consistait à choisir les nouveaux curés et les proposer à l'Evêque, ainsi qu'à apposer ses armoiries dans l'église dans certaines circonstances.

Les derniers Patrons


Le SUEUR
André Le SUEUR, Sieur des Monts, demeurant à Petiville vend le 9 juin 1630 ses maisons et héritages, le Patronage de la paroisse et tout ce qui lui appartient à Petiville (20.000£ et 600£ de vin) à Roger Le VALLOYS Sieur de Beaumanoir.

Le VALLOYS
Roger Le VALLOYS, receveur des rentes de la Chambre des Comptes, receveur des Tailles à Caen eut comme enfants entre autres Jeanne épouse de Louis VOISIN, Sieur de Saint-Paul, Maître des Comptes à Rouen (1639) devenu Sieur et Patron de Petiville (1653).

VOISIN
Louis VOISIN, Sieur de Saint-Paul, fils des précédents. Conseiller au Parlement de Rouen (1663) marié en secondes noces à Marie-Valentine Le BLAIS dont il eut un fils Sieur de Bourgtheroulde, Conseiller au Parlement de Paris, Président aux requêtes du Parlement de Rouen, mort S.A. et deux filles, Marie épouse (1698) François Le CORDIER de BIGARS, Sieur de la Heuse, Procureur Général au Parlement de Rouen, D.P. et Thècle épouse Graçois PHELIPPEAUX, Sieur d'Ourtreville, Maître des requêtes de l'Hôtel du Roi, S.P.


LE MIERE
sans liens connus avec les familles précédentes
Jacques LE MIERE, écuyer Patron de la paroisse de Petiville (1724). Chevalier d'Honneur au baillage et présidial de Caen, époux d'Anne ROULLAND, veuve en 1731, dont Daniel-Anne-Charles LE MIERE, chevalier, né en 1730, épousa Maie-Joseph DESCAMPS, dont une fille unique Marthe Charlotte Joseph Alexandrine LE MIERE dernière Patronne de la paroisse de Petiville, née à Petiville le 8 septembre 1756, elle y décéda le 20 juin 1820, épouse de Jean Gabriel de PIEDOUE de CHARSIGNE, ils résidaient au Manoir et sont inhumés dans le cimetière, Bienfaiteurs de la Commune.

Tombeau Le Mière

L'église Notre-Dame

Il est impossible de donner une date exacte à l'édification de l'église Notre-Dame, nous savons simplement qu'elle était en ruine en 1633 et que sa tour était pourrie, Adrien de Touchet et François de Tilly, sieurs du lieu rebâtiront le gable (fronton au dessus de la porte) au haut duquel ils feront monter un beffroi pour mettre la cloche. En 1675 il est fait mention d'une porte près de l'autel de Saint-Blaise, le culte de Saint-Blaise existait donc déjà au XVIIe siècle, encore de nos jours chaque année la paroisse le fête le premier dimanche de février, la fameuse porte ne serait-elle pas celle visible sur le mur sud près de l'autel (actuel) de la Vierge ?

Clocher de l'église
Saint Blaise Intérieur de l'église Autel de la Vierge

Le 9 novembre 1849, le Conseil Municipal décide de la construction d'un clocher pour l'église et approuve le projet dressé par M. Verolles. Ce projet est modifié le 15 octobre 1850, il décide de remplacer "la pyramide" du toit prévu en ardoise sur une charment par un clocher en pierre par soucis d'économie pour l'entretien futur, une rallonge budgétaire de 799,90F est votée et s'additionne au 6500F votés l'année passée. Dès novembre, des difficultés surviennent et les travaux restent en suspend...les travaux réalisés ne semblent pas conforme au devis... il est décidé de poursuivre l'architecte devant les tribunaux. Les travaux ne seront achevés qu'à l'été 1860 !

Le clocher renferme trois cloches.

  • La plus grosse : CLAIRE THEODORINE, 315kg environ, diamètre 0.822m, fondue en 1852 par Paul Havard à Villedieu (50), parrain Théorore Vte de Saint-Pierre (héritier des Lemière)marraine Claire Amiard (de la famille propriétaire du Manoir à cette époque)
  • La moyenne : JOSEPHINE, 220Kg environ, diamètre 0.745m, fondue en 1852 par Paul Havard à Villedieu (50), parrain L'Abbé Dupont Chapelain épiscopal, marraine Madame Redon, directrice de la poste de Bavent
  • La plus petite : EUGENIE HENRIETTE, 170Kg environ, diamètre 0.674, fondue en 1892 par A. Havard à Villedieu (50), parrain Henri Exupère Adrien Andrieu, marraine Eugénie Hervieu (épouse du Maire de Petiville)

Les prêtres de la paroisse


Les prêtres de la paroisse retrouvés furent : Thomas VASNIER, Curé jouissant de la dîme (1631-1668). Nicolas ROGER, desservant Pierre DELAUNEY, curé (1700-1711). Jean HEURTAULT, curé (1623), Nicolas LITHERARE, vicaire de Petiville (1624-1632). Pierre LECOUR olim LE COUR voir LE COEUR, curé (1712), décédé en 1744, Antoine ADAM, desservant (1744). LEMARCHAND, vicaire (1779-1781). P. ROZEE, vicaire (1781). Louis-André du MAREST, curé décédé à Petiville le 29 juin 1791. M. BASSET, vicaire (1782-1784). Charles-Henry JARDIN, vicaire (1785). M. PEPOIN, vicaire (1786-1791), desservant (1792).
 


Le calvaire

Le cimetière

En 1637, le cimetière était planté de pommiers et la vente des pommes (12£ 7s 6d) devait servir à l'entretien de la toiture de l'église. Le dimanche 24 mai 1654, il est décidé d'élever une Croix en pierre de Ranville dans le cimetière. Le travail est confié à Jean Royer l'aîné, tailleur de pierre, de la paroisse de Saint-Honorine pour la somme de 20£. La colonne aura cinq pieds se hauteur (1,52m) sur deux marches. La croix proprement dite aura d'un coté l'image du Christ et de l'autre celle de la Vierge Marie. Les boules encore visibles sur la base du fût perpétueraient le souvenir de la Peste de 1638 (étude de M. l'Abbé Langlois sur les calvaires du bocage virois). La partie supérieure ayant disparue il y a quelques années, la municipalité l'a remplacée en 2003, il fut bêni par le curé de cabourg à la Saint-Blaise 2004.

La Mairie (ancien Presbytère)

L'ancien Presbytère aujourd'hui disparu était situé dans le cimetière, entre la porte actuelle et le mur mitoyen avec la Mairie (cadastre napoléonnien). En 1839, il est fait mention d'un échange avec M. de Saint-Pierre pour la construction d'un nouveau presbytère. Dans les délibérations du Conseil Municipal, le 19 février 1851 il est fait mention de la construction du presbytère.

Petiville, l'église et la mairie

A l'origine, le vieux presbytère avait fait l'objet d'une donation de la "dernière Patronne" de la paroisse, en effet Marthe Charlotte Joseph Alexandrine LEMIERE, épouse de Jean-Gabriel de PIEDOUE de CHARSIGNE, fit don le 8 février 1820 à la commune de la maison avec sa cour derrière et son jardin devant, occupée et bâtie par M. L'abbé PEPIN, pour servir de presbytère ou s'il venait à ne plus avoir de curé, pour servir à l'usage d'une institutrice chargée d'apprendre aux enfants de prier Dieu et de faire de la dentelle...
Ce ne fut qu'assez récement que le presbytère fut transformé en Mairie. L'ancienne mairie était située à l'étage, dans l'actuelle maison qui est à l'angle de la rue de l'église et la route de Troarn.

Les maires de la commune


Michel BENOIST, maire élu (1792-AnV) - Henri Guillaume André LA FONTAINE, maire élu (An VI-An VIII) - Jean-Baptiste Joseph BOUET (An VIII-1821) - François BENOIST, maire nommé (1821-1831) - Michel LEPART, maire nommé (1831) - François BENOIST, maire nommé (1832-1840) - Gilles LEGREGEOIS, maire nommé puis élu (1840-1882) - Constant HERVIEU (1882-1894) - Joseph PREVELLE (1894-1895) - Henri CHAMPIN ( 1895-1900) - Arsène MARAIS (1900-1904) - Octave ROGERE (1904-1907) - Isidore PETIT (1907-1919) - Maurice HERVIEU (1919-1942) - Etienne LIOULT (1942-1944) - Paul REGNIER (1944-1947) - Robert HEUZE (1947-1965) - Hélène HEUZE (1965-1991) - Lucien COURCIER (1991-2001) - Lionel MAILLARD depuis 2001
 


L'école

Anciennement située avec la mairie à l'angle de la rue de l'église et le route de Troarn, elle fut dirigée pour la première fois par une institutrice laïque à la rentrée de 1868, en 1877 il est demandé de redonner aux religieuses de la Communauté de Sées l'école du village.
En 1906 création de la première cantine scolaire.
Le 4 novembre 1906 le Maire et le Conseil Municipal à l'unanimité s'oppose fermement à l'enlèvement des emblèmes religieux de la classe de la commune, nous sommes en pleine guerre des inventaires...


Lavoir du XIXème

Le lavoir

Le lavoir de la commune a été recouvert d'un toit en 1862 et a été entouré d'une clôture. En 1886, des travaux en assurent l'étanchéité.


Mairie
4 rue de l'Eglise
14390 Petiville
Tél : 02 31 78 83 22

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